11.11.2025
3e Journée suisse de la technique du bâtiment et des planificateurs
La technologie à la rencontre du genre humain
Proximité client, IA, nouvelles normes : la 3e Journée suisse de la technique du bâtiment et des planificateurs a montré que le progrès technologique et le savoir-faire éprouvé, conjugués au travail d’équipe, étaient porteurs d’avenir.
Quelque 250 spécialistes se sont réunis le 11 novembre au Trafo à Baden à l’occasion de la conférence de la SWKI et de ProKlima, qui avait cette année pour thème « Construire l’avenir ensemble ». Entre réseautage, esprit d’innovation et activités normatives, il est clairement apparu que l’avenir ne pouvait s’envisager qu’en alliant les aspects technologiques et humains.
La journée a démarré par un message clair : Reto Vital, président de la SWKI et Timo Alber, président de ProKlima, ont salué les personnes présentes en les appelant à échanger, à faire preuve de curiosité et à participer activement. Michael Sokoll, chargé de la modération, a immédiatement fait réagir le public qui a acclamé l’engagement des deux présidents par une ovation debout.
Les réclamations ? Une bénédiction !
Zita Langenstein, majordome dipl. et responsable de la formation continue au sein de GastroSuisse, a donné un coup d’envoi impressionnant, dédié à la satisfaction de la clientèle. Elle a montré à quel point la fidélisation de la clientèle dépendait de l’attention accordée. « Vous allez peut-être constater que vous êtes tous un peu majordomes », a-t-elle déclaré avec un sourire provocateur. Sa devise ? « Accomplir les tâches ordinaires de manière extraordinaire. » Et de fait, « les réclamations sont une bénédiction », car reconquérir un client insatisfait revient souvent à le fidéliser davantage qu’un client satisfait.
Baromètre de la tendance
Le marché suisse de la construction et de l’immobilier est en plein essor et en pleine évolution. Robert Weinert (Wüest Partner) en a présenté les aspects moteurs, tels que la démographie, la numérisation, la décarbonation et la régulation. Des capitaux importants sont injectés dans ce marché, mais l’offre reste toutefois limitée, ce qui entraîne une hausse des prix et des capacités de paiement. Parallèlement, les rendements baissent et obligent les planificateurs à créer une plus-value, notamment en proposant des assainissements énergétiques ou des niveaux d’aménagement plus élevés. À l’heure actuelle, on investit davantage dans la transformation que dans la construction de bâtiments. Parallèlement, les besoins en logements de petite taille et en EMS augmentent.
L’IA a besoin d’un cadre et de normes
Trois exemples scientifiques et pratiques témoignent de l’impact des solutions d’IA sur le secteur. Sven Affeltranger, cofondateur de Scalera, entreprise spin-off dérivée de l’EPF, a montré comment l’IA transformait des données d’appels d’offres non structurées en bases décisionnelles claires, assignait les positions dans les catalogues de normes, comparait les offres et soulageait ainsi les équipes des projets. Rea Sodero, CEO de la start-up Planlabs, a présenté une solution pilote de planification automatisée de la ventilation, qui allie la durabilité, l’efficacité et l’intégration du BIM. Enfin, Daniel Roser, Head of AI chez TROX, a montré, à l’aide du « TROXpert », comment l’IA préservait les connaissances et facilitait le renouvellement générationnel.
Ces trois intervenants s’accordent pour dire que l’IA a besoin d’un cadre et de bonnes données de base. C’est précisément sur ce point qu’interviennent les nouvelles directives SICC. Christine Berger (E. Kalt) et Philippe Hennemann (EnGePlan) ont présenté les directives SWKI BT106-01, VA107-01 et VA107-02, qui créent un fondement clair pour les appels d’offres, allant des responsabilités jusqu’aux matériaux. Elles constituent également la base de processus automatisés. Le lien entre directive et logiciel ne relève pas du futur, il existe déjà bel et bien.
Davantage de clarté, davantage de sécurité
David Burkhardt (Aicher, De Martin, Zweng AG) a présenté la révision des prescriptions de protection incendie de l’AEAI (PPI 2026). La structure et le contenu ont été remaniés, les définitions des notions mises à jour. Les choses sont plus claires et plus sûres lorsque l’on sait ce qu’est un clapet anti-fumée froide, ou comment sont évalués les groupes d’utilisateurs. Pour que toutes les personnes concernées parlent la même langue, il y a terminofeu.ch. La nouvelle PPI entrera en vigueur en 2027 ; la consultation technique est en cours jusqu’au 11 janvier 2026. Les personnes intéressées sont appelées à participer.
Ainsi que l’a expliqué Remo Britschgi (Hilti Suisse) lors de la présentation de la SIA 261 (Fortifications parasismiques), les composants secondaires sont à l’origine de 60 à 80 % des coûts des bâtiments et engendrent des risques élevés en cas de sinistre. L’objectif n’est pas tant la protection matérielle que la sécurité des personnes. Des bases de planification claires sur toute la ligne, de la réflexion interdisciplinaire au choix des chevilles, sont par conséquent essentielles.
Roman Hermann (Waldhauser + Hermann) a présenté la nouvelle SIA 384/4 (Installations de refroidissement dans les bâtiments), en vigueur depuis mai 2025. Elle fournit des définitions uniformes et de nouvelles normes ciblant des installations de refroidissement efficaces. L’emplacement, le type de fluide frigorigène, la capacité et le mode de fonctionnement sont pris en compte dans l’évaluation de l’efficacité. La SIA donne également différentes recommandations, concernant notamment l’utilisation ou l’évacuation de la chaleur.
Le pari de la collaboration
Lucia Nievergelt (ORTA GmbH) a montré combien la gestion agile des projets était utile dans la planification. Ici, l’agilité n’est pas synonyme de confusion, mais de collaboration. Les chances résident dans une meilleure collaboration, une transparence accrue et une charge administrative réduite. La méthode agile est particulièrement indiquée à un stade précoce de la planification. Elle demande aussi d’avoir le courage d’endosser de nouveaux rôles et d’adopter une communication transparente.
Meta Hiltebrand, connue pour ses émissions de cuisine, a conclu la journée par une note émotionnelle. « À quoi bon avoir une équipe de grandes gueules où tout le monde a son mot à dire, mais personne ne fait rien ? », a-t-elle lancé avec son franc-parler désarmant. Son message : pour réussir, il faut que chaque membre de l’équipe y contribue par son propre talent. Et ne pas relever les déficits, mais encourager les points forts.
L’événement sectoriel a été un plaidoyer en faveur de la prise de position, de l’engagement et de l’ouverture d’esprit face au changement qui doit s’asseoir sur une bonne base. À une époque où les technologies évoluent de plus en plus rapidement, il appartient aux individus d’en définir les orientations, les responsabilités et les effets.